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Le sourire du Diable – Antonia Hodgson


HODGSON, Antonia. Le sourire du Diable. XO éditions, 2015, 479 pages, 19,90 €.


L’histoire :

Tom Hawkins est un joueur invétéré, si bien qu’un jour, criblé de dettes, il est envoyé à Marshalsea, la prison londonienne pour débiteurs.
Cette véritable ville dans la ville, jeux de pouvoir et d’argent, est le lieu de traitements infâmes, où la mesquinerie est reine.
Nous sommes à Londres, au début du XVIIIe siècle.

Ce que j’ai apprécié :

– Ce livre est à la fois un roman policier et une extraordinaire fresque historique. A la manière d’un huis-clos, on entre avec Tom Hawkins dans la sinistre mais étonnante prison de Marshalsea.
Marshalsea, c’est une prison qui a réellement existé au XVIIIe siècle et qui était donc dévolue aux débiteurs, c’est-à-dire toutes les personnes du peuple qui devaient de l’argent et étaient dans l’incapacité de rembourser leurs dettes.
En ouvrant ce livre, je ne pensais pas découvrir une telle réalité historique. Et ce qui est fascinant dans ce livre, c’est que le glauque partage la vedette avec le burlesque, notamment au travers des personnages.

– Car, oui, il faut bien le dire, ce roman est une galerie de personnages détonnants ! Pour beaucoup d’entre eux, Antonia Hodgson s’est appuyée sur des documents d’archives et ont donc vraiment vécu, pour un temps au moins, dans la prison de Marshalsea.
Des personnages qui évoluent dans une prison atypique puisqu’elle fonctionnait selon toute vraisemblance comme un quartier à part entière de Londres. Avec des tavernes et leurs tenanciers, les prostituées, un barbier, le Palais de Justice, etc. Le tout dans un rapport à l’argent extrêmement exacerbé.
Ainsi tous les individus que l’on croise ne sont pas de braves gens. Ils ont des défauts, souvent liés à la dépense excessive d’argent qu’ils n’avaient pas. Mais guère plus.
Pourtant, quelques mois avant que Tom Hawkins arrive, un homme a été retrouvé pendu. La thèse du suicide est vite conclue. Mais la femme du brave homme crie à l’assassin. Aussi, s’il veut retrouver la liberté, Tom va se mettre en quête du meurtrier. Et ce n’est pas évident, dans un environnement où le mensonge et le chacun pour soi sont un art de vivre.

– Ce qui m’a littéralement fascinée, et que j’ai vraiment préféré, c’est sans aucun doute la description des ambiances. Antonia Hodgson le dit elle-même : elle s’est beaucoup documentée, et tout ce qu’elle décrit s’appuie sur des témoignages d’époque. Et côté retranscription, elle a fait un magnifique boulot.
La saleté et les odeurs, vous allez les sentir. La pauvreté, la misère, la variole, les enfants chétifs et cabossés par la vie, vous allez les voir.
Les plus terribles tableaux que nous donne littéralement à voir l’auteure, ce sont deux lieux et pratiques infâmes. Tout d’abord, le Common Side : le côté de la prison le plus odieux, d’où sortent des lamentations terribles. Et pour cause, à la manière des camps de la mort, les prisonniers, hommes, femmes et enfants, sont entassés comme des bêtes, dans leurs excréments et leurs maladies incurables et transmissibles. Un charnier vivant horrible.
Et puis également cette pratique, véridique, qui consistait à punir les rebelles de la prison en les enchaînant à des corps en décomposition pendant plusieurs jours.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– Le point qui m’a le moins emballé, c’est l’enquête en elle-même, qui permet à l’auteure de justifier son roman historique en quelque sorte. Une enquête certes bien faite, mais qui ne m’a pas franchement intéressée.

En bref ?

Un roman historique bien plus qu’un roman policier. Et quel roman historique ! Le Londres du XVIIIe siècle dans toute sa réalité crue, et non embellie comme l’ont décrit beaucoup de romanciers.
C’est choquant et en même temps burlesque à certains moments, notamment à travers le personnage haut en couleurs de Samuel Fleet.

Meurtre dans le boudoir – Frédéric Lenormand

Quatrième de couverture :

Alors qu’il nie être en train de publier les Lettres anglaises, qu’il nie d’ailleurs avoir écrites, Voltaire se trouve une fois de plus embarqué dans des crimes – qu’il n’a certainement pas commis ! Le réel assassin, de son côté, semble s’en prendre à des individus dans leur plus simple appareil, de préférence en aimable compagnie, dans des mises en scène inspirées de livres licencieux.
L’affaire risque de faire du bruit, car il s’agit à chaque fois d’hommes d’importance. Voilà notre Voltaire contraint d’aller se compromettre dans les recoins pas nets de la capitale, maisons de débauche gérées par des « abbesses », librairies clandestines, bureaux de la Librairie où les ouvrages interdits disparaissent entre les mains des exempts… sur les traces d’un meurtrier qui, comble de ce siècle, s’est pris de haine pour les libertins.

Mon avis :

Entrer dans l’univers d’un écrivain que l’on n’a encore jamais lu, c’est toujours une découverte, un peu d’étonnement, qui se traduit à la fin de la lecture avec une envie de fuir ses autres parutions ou au contraire de filer en librairie acheter tous ses livres. Je caricature (ou pas !). Avec Meurtre dans le boudoir, premier roman que je lis de Frédéric Lenormand, je suis conquise, vous allez comprendre pourquoi.

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Lady Pirate, t.2 – Mireille Calmel

Quatrième de couverture :

Vengeance ! La sentence est désormais gravée dans le coeur de Mary Read. À jamais privée de son époux injustement assassiné, elle s’est juré de retrouver la trace de la seule et unique responsable – la vénéneuse Emma de Mortefontaine -, qui détiendrait à présent sa fille. Mais si elle veut parvenir à ses fins, Lady Pirate va devoir ruser et jouer de ses armes… et de ses charmes.
Ses recherches la mènent à Venise, chez l’énigmatique marquis de Baletti, puis sur le pont du
Bay Daniel. À bord de ce fier navire pirate, accompagnée de son fils Junior et de Corneille, séduisant matelot, Mary va arpenter la mer des Caraïbes bien déterminée à rattraper son ennemie et à percer le mystère d’un trésor qui ne cesse de se dérober…

Mon avis :

Un second volet passionnant ! Je me suis régalée ! Mireille Calmel a su broder et construire une très belle et palpitante histoire autour de la légende de la femme pirate Mary Read. Tout est parfaitement orchestré. Roman historique, magie, aventure, amour se mêlent très bien pour donner au lecteur un récit génial !

A lire pour les amateurs de piraterie et d’amour, entre autre !

Lady Pirate – Mireille Calmel

Quatrième de couverture :

Elle se prénomme Mary Jane. Dix-sept ans à peine et déjà un destin hors du commun : habillée en garçon depuis son plus jeune âge, maniant aussi bien le fleuret que l’alexandrin, elle a été élevée comme un lord, au nez et à la barbe de sa riche et puissante grand-mère. Mais en cette année 1696, il existe peu de place pour les histoires merveilleuses dans la capitale anglaise : devenue brusquement orpheline, elle-même menacée car détentrice d’un objet menant à un fabuleux trésor, l’intrépide Mary doit s’enfuir, direction Douvres. Après une escale chez une sulfureuse espionne, elle embarque à bord de La Perle, majestueuse frégate corsaire qui va déterminer le reste de sa vie…

Mon avis :

Ce livre est l’histoire romancée de Mary Read, une femme pirate ayant réellement vécu au XVIIIe siècle (ses dates ne sont pas certaines : 1690-1721). L’auteur nous fait entrer avec passion dans la peau du personnage de Mary, petite fille pauvre, devenue orpheline très tôt. On est alors embarqué dans le tumulte de sa vie, entre bateaux, batailles et amours! Souvent déguisée en homme pour tenter sa chance dans une société où les femmes n’occupent guère de place.
J’adore le charme d’une histoire qui se passe au XVIIIe siècle corrélée au roman d’aventure et d’amour ! Superbe! J’ai hâte de me plonger dans le second tome.

Le huit – Katherine Neville

Quatrième de couverture:

New York, 1972. Alors qu’elle s’apprête à gagner le Maghreb, Catherine Velis apprend d’un mystérieux antiquaire qu’elle court un grand danger: dans la désolation du Sahara, l’attendrait depuis toujours un fabuleux jeu d’échecs d’origine mauresque. Un jeu qui, en 782, envoûta dangereusement Charlemagne avant d’exciter onze siècles durant la convoitise de Richelieu, Robespierre, Catherine de Russie et Napoléon. Tous voulurent le mettre au service de leurs funestes desseins car ,selon la légende, il ferait de son détenteur l’égal de Dieu…
En Afrique du Nord, la jeune femme, plongée dans une quête où se joue l’avenir même de l’humanité, découvrira qu’elle n’est pas ma seule à vouloir percer le secret du jeu maudit…

Mon avis:

Katherine Neville nous emmène dans une histoire se déroulant à la fois au XVIIIe siècle (1790 à 1799) et de nos jours, en 1973. On suit ainsi les aventures de trois protagonistes: Mireille et Valentine, deux jeunes filles placées dans un couvent; et Catherine Velis, spécialiste en ordinateurs. Elles vont être toutes deux confrontées à l’extraordinaire histoire du Jeu Montglane.

J’ai été totalement happée par cette histoire! Même si parfois, il y a eu quelques petites longueurs (plus de 950 pages le roman, alors forcément…), l’histoire est vraiment très sympa! L’auteur nous tient en haleine jusqu’à la fin de l’ouvrage pour nous dévoiler quel est le mystère (« la formule ») caché dans ce mystérieux jeu d’échecs.

Je n’ai pas du tout été déçue par cette histoire, au contraire, je suis assez étonnée qu’un auteur arrive à passionner un lecteur durant autant de pages. C’est une belle performance.