Archives par étiquette : XXe siècle

Europeana. Une brève histoire du XXe siècle – Patrik Ourednik

Quatrième de couverture :

Qu’est-ce que la vérité historique ? La vérité littéraire ? La vérité de la mémoire ? Ce livre ne fournit aucune réponse ou pire, il nous en fournit, nonchalamment, une telle quantité – on croirait assister à une dernière démarque de la solderie du XXe siècle – que cela revient au même. Cependant il nous livre peut-être une piste avec le thème du Bug du Millénium : si les ordinateurs avaient identifié de façon erronée l’année s’annonçant pendant la nuit du 31 décembre 1999, cela aurait été “comme si le vingtième siècle et l’attentat sur l’héritier du trône d’Autriche n’avaient jamais eu lieu”.

Mon avis :

Imaginez-vous vos arrières-petits-enfants (ou plus loin encore !) qui seraient curieux de connaître les grandes lignes de l’histoire du XXe siècle. Avec Patrik Ourednik et son Europeana, une brève histoire du XXe siècle, ils auront matière à nourrir leur curiosité et à découvrir différentes facettes de 100 ans qui ont vu naître les pires atrocités.

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L’inconnue de Birobidjan – Marek Halter

Quatrième de couverture :

Juin 1950, Washington. Accusée d’assassinat et d’espionnage, Maria Apron risque la chaise électrique. Pour se défendre, elle n’a que sa beauté et ses souvenirs. Telle Schéhérazade, elle va raconter son histoire pour sauver sa tête.
Maria Apron, de son vrai nom Marina Andreïeva Gousseïev, commence par une révélation fracassante : en octobre 1932, étoile montante du théâtre moscovite, elle se laisse séduire par Staline. Mais, ce soir-là, l’épouse du tyran se suicide, et Staline veut effacer tous les témoins. La vie pleine de promesses de Maria se mue en une fuite éperdue.
Réfugiée au Birobidjan, le petit pays juif créé par Staline en Sibérie, Marina découvre l’incroyable vitalité du répertoire yiddish. Elle renoue avec le travail d’actrice, oublie la folie stalinienne et devient juive parmi les Juifs, alors que les nazis les massacrent partout en Occident. Puis elle tombe amoureuse. Il s’appelle Michael, il est médecin et américain. Marina croit enfin au bonheur. Mais qui peut échapper au maître du Kremlin ? Michael, accusé d’espionnage, est condamné au Goulag. Pour le tirer du camp où il doit mourir, Marina brave l’enfer sibérien.

Mon avis :

Depuis fin janvier 2012, le dernier né de Marek Halter, L’inconnue de Birobidjan, trône dans les librairies. Cet auteur connu et reconnu, écrivain du judaïsme, est attendu à chaque parution.
Je découvre son écriture pour la troisième fois. Et pour la troisième fois, c’est un bonheur de se laisser porter par son talent de conteur.

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L’orange de Noël – Michel Peyramaure


Quatrième de couverture :

A la fin de l’été 1913, Cécile Brunie, toute jeune institutrice, arrive à Saint-Roch pour y prendre possession de son poste.
Dans ce petit village de la basse Corrèze où le curé fait seul la loi et où prospère une école catholique, elle est accueillie comme le diable en personne. Nul doute que, comme ses prédécesseurs, elle ne puisse tenir que quelques mois devant le redoutable abbé Brissaud qui, chaque dimanche, tonne contre l’école sans Dieu et ses suppôts. Mais Cécile fait front, résiste aux injures, aux provocations, aux calomnies et, peu à peu, gagne la confiance du village et vois se peupler son école. Au terme d’une année terrible, sa victoire aura le visage heureux de la petite Malvina Delpeuch, que chacun considérait comme une demeurée et qu’elle aura réussi à conduire jusqu’au certificat d’études.

Mon avis :

Dans ce livre, amour et histoire des campagnes se côtoient. Un roman du terroir qui met en scène une jeune institutrice, Cécile Brunie, et une demoiselle de quatorze ans passant pour simple d’esprit, Malvina. Ces deux êtres que tout opposent vont se trouver et s’apprivoiser tout au long d’une année scolaire. 

La narratrice est Malvina Delpeuch adulte. Elle raconte une année scolaire de son enfance à Saint-Roch, village de Corrèze, en 1913/1914. Considérée comme attardée mentale par la population, on ne s’occupe que très peu d’elle. Elle vit ainsi de façon très libre, à la manière d’un animal. 
Lorsque Cécile arrive au village pour enseigner à « la communale » ou école laïque, elle est prise pour cible par le curé et ses partisanes. Malvina suit le mouvement et la prend en grippe. Mais une chose va tout changer : Cécile, elle, ne croit pas à la « maladie » de la jeune fille. 
En la prenant sous son aile, l’institutrice va changer sa vie et la faire sortir de sa bulle. Cela passe par l’apprentissage du français et la confiance en soi. Petite révolution pour les villageois, Cécile ne s’arrête pas là. Elle va tenir tête au curé, l’abbé Brissaud, qui la dénigre lors de ses offices : le problème étant que Cécile représente l’école laïque.

Ce roman, très simple, doux, sans rebondissements, est très agréable à lire. Mais surtout, il informe le lecteur sur la vie dans les campagnes au début du XXe siècle ; sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, avec notamment l’apparition de l’école laïque dont les représentants sont vus comme le diable. Un roman du terroir certe, mais aussi un roman historique. Le personnage de Cécile montre au lecteur la difficulté d’être une femme seule à cette époque. Une femme seule et libre, qui lit des ouvrages interdits par l’église mais qui n’est cependant pas athée : un duo qui semble impossible. Peut-on enseigner et prôner l’école laïque, l’école sans Dieu, et être toutefois croyante ? Difficile à faire admettre et Cécile devra se battre pour s’affirmer. Sa victoire, pense-t-elle, ne peut passer que par la réussite de Malvina au certificat d’études.

Un roman agréable et intelligent, qui ravira les amoureux d’histoire et de littérature du terroir. Michel Peyramaure, très reconnu dans ce genre littéraire, fait passer beaucoup d’émotions dans son écriture ; c’est peut-être pour cela qu’il y a un sentiment de nostalgie qui s’est emparée de moi à de nombreux moments au cours de cette lecture.

Ces corps vils – Evelyn Waugh


Quatrième de couverture :

« Soirées masquées, soirées sauvages, soirées victoriennes, soirées grecques, soirées cow-boys, soirées russes, soirées ou il faut se déguiser en quelqu’un d’autre, réceptions nudistes, réceptions dans des appartements, dans des studios, dans des maisons, dans des hôtels, des bateaux et des boîtes de nuit » ; À la fin des année 30, Adam et Nina forment un couple aussi frivole qu’hédoniste ; ils s’abandonnent à une succession de mondanités, jusqu’à ne devenir que des corps, vils. Alors que la Seconde Guerre mondiale est sur le point d’éclater, Adam va même finir par vendre Nina à un ami…

Mon avis :

Lorsque j’ai lu le résumé du livre, c’est vraiment le côté jeunesse dorée, soirées folles et excentricité qui m’ont attiré. La couverture quant à elle m’a intrigué bien plus qu’elle ne m’a plu. Il y avait quelque chose de perdu dans le regard de ce jeune homme en chapeau haute-forme, qui, maintenant que j’ai terminé le livre, prend toute sa signification de malsaise et d’étrangeté .

Pour tout vous dire : je n’ai pas aimé cette lecture. Je ne l’ai pas aimé pour deux raisons. Premièrement, je n’ai pas compris la moitié de ce que je lisais, probablement dû à une ambiance relevant presque de l’absurde. Deuxièmement, je n’ai pas aimé le style de l’auteur. Est-ce à replacer dans le cadre des années 30, époque à laquelle ce roman a été écrit ? Peut-être, mais je crois surtout qu’il y a quelque chose qui m’a totalement échappé dans ce récit et il me semble que c’est dû à une langue et un style trop ampoulé

De ce que j’ai compris, l’auteur nous décrit le quotidien de la jeunesse dorée anglaise dans les années 30. Peut-être à la fin des années 30 d’ailleurs. Une société clairement faite de « m’as-tu vu », de rumeurs, de papiers que l’on qualifierait de « presse people » aujourd’hui. Un homme, M. Babillard, se fait le rapporteur de ces soirées et de chaque membres qui s’y trouve. Un « Gossip girl » en quelque sorte ! Evidemment, ne pas être invité dans ces soirées n’est pas tolérable et ce, jusqu’à un point qui peut pousser au suicide.
Expliqué comme cela, je trouve le sujet vraiment intéressant. Le problème tient vraiment dans le style d’écriture.
Prenons pour exemple les discours entre les personnages : ils sont d’un absurde parfois totalement déstabilisant. 
Exemple : 
– …Pauvre Adam !… dit tout à coup Nina.
– Pourquoi as-tu dit cela ?
– Je ne sais pas… Je crois que voici ta voiture.
– Nina, pourquoi as-tu dit « Pauvre Adam » ?
– … J’ai dit ça ?… Oh ! je ne sais pas… Oh je t’aime tant et tant, tu sais !
– Je vais me marier demain. Pas toi ?
– Oui, sans doute, mon cher.

Cet exemple est un exemple parmi tant d’autres. Je dirais même que tout le livre est de cet acabit. Epuisant pour la compréhension. J’ai dû relire beaucoup de passages plusieurs fois, pour finalement continuer la lecture, même sans avoir compris.

Un dernier mot sur les personnages ? Dans la lignée de ce que je viens d’énoncer, je ne me suis attachée à aucun d’entre eux, tout simplement car ils me sont apparus tellement étranges, presque sans âme, que je n’ai trouvé aucun repère, aucun attachement dans ce roman. Je n’ai ressenti aucune émotion, pourtant il est clair qu’il s’agit d’un sujet tragique et qui aurait pu se révéler tellement intéressant ! Je ne m’attendais vraiment pas à cela, c’est une grosse déception malheureusement.

Remerciements : Merci à l’équipe de Livraddict ainsi qu’aux éditions Robert Laffont pour l’envoi de ce livre. Malheureusement, c’est une déception mais ça m’a aussi permit de découvrir la collection « pavillons poche » de cette maison d’édition !


Le bout du monde. Six mois d’hiver dans les neiges de Haute-Maurienne – Madeleine Triandafil



Quatrième de couverture :

C’est en traineau, par un soir glacial, sous un ciel clouté d’étoiles qu’une jeune institutrice de dix-huit ans allait rejoindre son poste « haut placé ».
C’était en automne, il y a bien longtemps.
Bessans, paraissait comme un coin perdu du monde.

Mon avis :

Ce livre a été pour moi une belle découverte. Je l’ai acheté complètement par hasard dans ma librairie habituelle. Elle consacre en effet deux portants à la littérature régionale, dite du terroir, et donc savoyarde en l’occurence ! Et j’ai eu d’emblée envie de découvrir la maison d’édition savoyarde « La Fontaine de Siloé », d’autant qu’une de ses collection est au format poche, aux prix habituels (7€ pour ce livre).
Le titre ainsi que la couverture m’ont plu et la quatrième de couverture m’a convaincu, notamment à l’évocation du village de Bessans, qui est une station de ski où j’ai passé beaucoup de vacances de Noël avec mes parents.

Le livre est organisé en deux parties. La première est une présentation du récit et surtout de son auteur, Madeleine Triandafil, par un certain Francis Tracq. La présentation regorge de photos, vieilles cartes postales ou encore article de journal. Ainsi, on découvre la vie de cette jeune fille de Modane (village de Maurienne) Madeleine Triandafil, née en 1897 et décédée en 1977. En 1958, elle retourne à Bessans, petit village de Haute-Maurienne, où elle a échoué à 18 ans (en 1915) comme enseignante. La seconde partie du livre est le récit de ses souvenirs à Bessans, édité pour la première fois en 1959 il me semble.

Ce fut une lecture vraiment passionnante pour moi ; bien plus que ce que j’aurais pensé. D’une part, parce que j’aime les histoires de ce types : autobiographique et témoignage historique. Ensuite, car les paysages qu’elle décrit, tout enneigés, me fascinent aussi ; qu’ayant grandit dans la capitale des Alpes (Grenoble), j’ai toujours adoré les massifs recouverts de neige et je me souviens du grand bien-être que je ressens encore quand je me promène en station de ski l’hiver. D’autre part, je dois dire que l’écriture est agréable, même si certaines phrases sont longues et parfois la ponctuation plutôt mauvaise.
Dans son récit, Madeleine Triandafil parle d’elle à la troisième personne, sous le nom de Mlle Mugnier (nom de jeune fille de sa mère). Par ce personnage, dont on sent évidemment qu’elle est proche, elle fait passer aux lecteurs les émotions nostalgiques de ce souvenir, mais aussi les instants parfois cocasses qu’elle a vécu. De plus, on découvre la vie quotidienne des paysans de montagne (Bessans est situé à 1750 mètres d’altitutde) au début du XXe siècle, au travers le regard d’une jeune fille qui devient presque ethnologue. La façon de se chauffer en dormant dans l’étable avec les animaux l’hiver, la composante des lits, la façon de fabriquer la dentelle artisanelement, les costumes traditionaux, les traditions des veillées au coin du feu, des bribes de chansons régionales, etc. Bref, un réel témoignage comme j’aime en lire, surtout quand cela concerne la région où je vis et où j’ai grandi.

Je recommencerais l’aventure avec cette maison d’édition très vite, car c’est aussi une façon de mettre en avant une région, un territoir et des traditions.